La souffrance

Il n’avait pas la mainmise sur la souffrance. Mais ses mots frappaient plus dur qu’une ancre. Pourtant aujourd’hui il semblait petit. Peut-être avait il moins de pouvoir sur moi désormais. Mais après tout ce qu’il m’avait pris…

Mes émotions étaient devenues des armes qu’il maniait à la perfection. Un sourire était une invitation au pardon et je tombais toujours dans le piège de la rédemption.

Il pouvait changer. Je le ferais changer. Hélas, l’être peut être aveugle à ses propres fautes quand il est concentré sur un autre et je trouvais sans cesse des excuses à l’impardonnable.

J’étais impuissante face à sa manipulation et toujours je pensais avoir les clés en main.

Aveugle, naïve.

Maudissez-vous l’égoïsme et la cruauté ?

Je haïssais ma gentillesse et ma résilience.

Il n’avait pas la mainmise sur la souffrance.

Il semblait petit désormais. Mais n’est-ce pas normal quand on se trouve dans une tombe. Je regarde les mots écrits sur son épitaphe avec attention, et une mélancolie inexplicable.

 » père aimant , mari fidèle, tu nous manqueras »

Je tremble.

Ce ne sont pas des larmes qui accompagnent ces mouvements inconscients.

Mais un rire.

Dans le silence froid du cimetière, il semble plus profond, plus fort. Je ne devrais pas. Pourtant mes lèvres s’étirent. Je suis prise d’un fou rire. « Fou » est le terme qui conviendrait le mieux à cet instant. Et alors que mon rire se laisse porter par le vent, je barre d’une croix le mot « mari » et le remplace. Alors que de mon couteau j’ écris la dernière lettre, j’entends des bruits de pas. Je dois m’en aller.

Je ne me retourne pas. Je ne reviendrai plus sur ces moments passés. Je suis libérée.

Il n’avait pas la mainmise sur la souffrance. Mais sa tombe portera toujours les traces de ses actes.

« Monstre fidèle  »

Enfin une touche de vérité, pour un homme qui avait passé sa vie à se cacher derrière le masque du sourire.

Non je ne pardonne pas. Pas cette fois ci. Le couteau garde des traces indélébiles. Mais je sais que son sang sur la lame disparaîtra après quelques lavages.

Tout comme lui.

Une pensée

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