20-Le bureau

Elanne s’assura que la pièce était vide, puis passa par la fenêtre entrouverte. Elle posa délicatement le pied sur la moquette. Pourquoi n’avait-elle pas choisi de se cacher dans le bureau du comptable ? se demanda-t-elle. Elle savait très bien les risques qu’elle prenait en pénétrant dans le bureau du directeur. Si quelqu’un la trouvait ici, elle serait immédiatement expulsée. Mais cela signifiait également que personne n’entrerait sans autorisation. C’était donc l’endroit parfait pour éviter les hordes d’élèves qui la poursuivaient. Ils seraient prêts à tout pour obtenir ces permissions, mais n’oseraient pas franchir ce pas.

Après ce bref moment d’introspection, elle prit le temps d’admirer les murs. Si elle était une voleuse, cet amas de richesses l’aurait fait saliver. Les objets étaient précieusement gardés derrière des vitres renforcées et une statuette en or et en diamant côtoyait une couronne sertie de rubis.  Pourtant certains objets la laissaient songeuse. Un stylo qui semblait tout à fait ordinaire était à la même place que des biens d’une valeur inestimable. Quand elle s’en approcha, elle remarqua une photo à côté de celui-ci. Les années l’avaient jaunie, et certains visages s’étaient effacés. Mais il s’agissait bien d’une photo représentant un groupe d’élève. Elle reconnut le directeur adjoint. Il ne paraissait pas avoir plus de 17 ans. Son visage était entouré au feutre et juste à côté un mot avait été inscrit en rouge vif « Victoire ».

Elanne fit le tour du bureau et constata que chaque objet était assorti d’une photographie ou d’un dessin. L’image d’un musée accompagnait le tableau d’un grand maître, le plan d’une villa, une gravure du XVIIe siècle.

Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que ces objets étaient des trophées. Le directeur avait certainement été un voleur dans sa jeunesse. Le nombre d’œuvres exposées ne laissait aucun doute sur son talent.

Elanne observa à nouveau le stylo et un détail attira son attention, mais elle ne savait pas précisément pourquoi.

Elle prit conscience trop tard que sa main s’était posée sur la vitre. Le mur pivota avant qu’elle n’ait le temps de s’en écarter et l’entraîna vers l’inconnu.

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