Manton

Dans le parc de Manton, deux hirondelles se tiennent à une branche. Elles chantent, elles parlent du temps d’avant.

Les enfants jouaient dans le parc, les danseurs prenaient quelques pièces des passants et les musiciens jouaient à la demande du jazz, du blues, de la musique du monde.

On aimait la culture à Manton.

Les graffitis donnaient une allure de printemps aux murs gris.  

Les mégots et les bouteilles de plastique coloraient les pavés au milieu des bouts de verre et de fer.

Manton était une ville, un lieu où il faisait bon vivre même quand les sirènes se faisaient entendre les lendemains de fête, même quand les bâtiments étaient détruits les uns après les autres pour cause de désertification.

Manton était un bel endroit, un lieu à connaître alors que Madame Meuret disait au revoir à son enfant qui lui, préférait partir dans une autre ville , « une vraie ville » disait -il.

Les rues de Manton étaient vides, mais la ville gardait son âme, sous sa rouille , ses bâtiments vétustes, ses usines abandonnées.

Le temps s’était arrêté à Manton, du moins pour les habitants. Les trains ne passaient plus par la gare. Les volets étaient baissés.

Dans le parc de Manton, deux hirondelles chantent encore sur une branche pour se souvenir d’un autre temps, d’un autre instant.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s